Edouard Joubeaud connaît sa première expérience de cinéma sur Jacquot de Nantes d’Agnès Varda, film dans lequel il interprète le rôle de Jacques Demy enfant.

 

En 2007, après des études à la Sorbonne et à l’INALCO, il se rapproche de l’UNESCO et prend la coordination éditoriale de Femmes dans l’histoire de l’Afrique. Ce programme, primé par ONU Femmes, réunit des bandes dessinées portant sur des figures féminines de l’histoire de l’Afrique telles que Wangari Maathai, militante écologiste kenyane, ou Funmilayo Ransome-Kuti, cheffe de fil de la plus grande association de femmes d’Afrique du 20e siècle.

 

En parallèle, Edouard réalise des œuvres documentaires à Madagascar (Mavokely 26’, Les Charbonniers 8’) et des films pour l’UNESCO (My Little Thing is to Plant a Tree, My Queen, Our Stories!). Inspiré par l'univers d'une famille du sud de Madagascar, il réalise en 2018 son premier long-métrage, Haingosoa, qui dresse le portrait d’une danseuse, jeune mère oscillant entre tradition et modernité.


 

Le réel, la fiction, Madagascar...

1999, Edouard Joubeaud se rend pour la première fois à Madagascar. Début d’une longue relation avec cette île-continent, devenue, au fil du temps, un pays de cœur. Au-delà de constituer un ailleurs familier, Madagascar se révèle à lui comme un point d'ancrage lui permettant de mieux cerner son propre univers. Il apprend le malgache, étudie l’histoire du pays, y rencontre un vivier d’artistes et y mène des initiatives pour l’UNICEF et l’UNESCO.

En 2010, en mission au sud de l’île, il fait la rencontre de Remanindry, musicien-danseur de renommée internationale, connu pour ses musiques chamaniques transposées des cultes de possession à la scène. De la fascination à l’amitié, les deux hommes lient au fil des ans une relation de confiance jusque dans les sphères familiales devenues alors le berceau d’inspiration du film. Haingosoa se profile en 2015 : Edouard voit en Haingo, fille cadette de Remanindry, son "premier rôle". De sa complicité avec cette jeune mère malgache se dessinent les contours d’une histoire où le réel invite l’imaginaire à panser un quotidien parfois éprouvant et rendre possible ce désir, si humain, et si personnel en l’occurrence, de vie meilleure.

Ce film s’inscrit dans cette mixité documentaire et fictionnelle, à l’image du cinéma de Jean-Charles Hue (Mange tes morts, tu ne diras point) qui suit depuis dix ans une communauté des gens du voyage, ou celui d’autres cinéastes tels que Pedro Costa (Dans la chambre de Vanda) et Jafar Panahi (Taxi Teheran).